Un projet ambitieux

La Ville y pense dès 1914. Mais la décision définitive
est prise par le Conseil Municipal du 11 mai 1923
" en raison de l'accroissement de la population
ouvrière ".

Elle achète un terrain en 1920 le long des anciens
remparts de la ville. Il s'y trouvait une ancienne tour.

L'architecte est choisi : Monsieur LABLAUDE de Paris, architecte de l'Oeuvre Française d'Hygiène.
Il établit, en 1923, les plans pour un établissement de 17 cabines de douches, 4 bains, 1 lavoir de
20 places et le logement du concierge comprenant cuisine, salle à manger, 2 chambres et des
servitudes.

Monsieur BAFOIL, président de l'Oeuvre Française d'Hygiène, dirige les travaux d'élaboration.
Cette construction est estimée à 530 625 F 36 c. La Ville demande une subvention à l'état " aussi
élevée que possible ". Le Ministère de l'Intérieur accorde 263 000 F le 13 novembre 1924, somme
prélevée sur le produit des jeux. Elle doit être utilisée dans un délai de 3 ans.
Les plans établis par M. LABLAUDE sont approuvés d'abord le 3 décembre 1923 par la commission
sanitaire de la 2ème circonscription ; ensuite par le Conseil d'Hygiène Départemental du 28 janvier
1924 sous réserve quand même que soit améliorée la salle de bains pour dames " médiocrement
éclairée " ; enfin par le Ministre de l'Intérieur et le Préfet des Deux-Sèvres en 1924.


Une réalisation laborieuse

Entre 1924 et 1927, rien ne se concrétise. L'argent manque. Mais l'échéance de la subvention de
l'état arrive ! Il faut donc accélérer les choses. Le Ministre de l'Intérieur annonce l'annulation de la
subvention si le dossier n'a pas avancé avant le 1er novembre (lettre du 14 juin 1927).
Ce projet ne fait pas l'unanimité des Thouarsais. Un groupe d'employés des chemins de fer de l'Etat
proteste dans un courrier du 17 avril 1927 : l'opération n'est pas rentable (la prévision se révèlera exacte par la suite) ; l'établissement est mal placé : les habitants de la basse ville et ceux du quartier
de la gare n'y viendront pas laver leur linge ; enfin cela coûtera trop cher, les impôts augmenteront.
Par conséquent, il demande de " supprimer cette construction par d'autres travaux beaucoup plus
utiles… ".
Les plans de M. LABLAUDE sont modifiés en mai 1927 : réduction des cabines pour bains côté
femmes, suppression d'une douche côté hommes, deux bains sulfureux au fond de la salle : un côté
hommes, un côté femmes. La partie lavoir n'est pas équipée.
Malgré tout, la Ville contracte un emprunt de 395 000 F auprès du Crédit Foncier de France le 16
novembre 1927.
L'adjudication des travaux est lancée le 25 juin 1927.
Finalement la Ville réceptionne définitivement les travaux
le 9 juillet 1929.
Seulement, un défaut de construction, l'étanchéité de la
terrasse, va peser profondément dans l'histoire des bains
douches. De nombreuses fuites ont abîmé les peintures
des murs et des plafonds. En 1938, il faut donc tout
refaire. Mais qui va payer ? Un contentieux oppose
pendant de longues années la Ville de Thouars à
l'architecte M. LABLAUDE et à l'entrepreneur
FOURNIER-BOILEVE. Il n'est réglé qu'en 1947.
Un fonctionnement chaotique

Un règlement est arrêté dès 1928 pour fixer le fonctionnement de cet établissement. Il est géré
entièrement par la Ville. Un couple est chargé de son entretien et de son ouverture : les jeudi et
samedi de 9h à 12h et de 14h30 à 19h ; le dimanche de 9h à 12h.
La durée maximum d'un bain est de 30 mn et celle d'une douche de 20 mn, déshabillage et habillage
compris. Il est interdit de faire du bruit, de rentrer à deux dans une même cabine…
Pour 1 F 50, vous pouviez prendre une douche ; pour 3 F un bain ; 5 F un bain salé…
La Ville commande des produits de bains chez Carlier, Palmolive, des savons avec l'inscription Ville
de Thouars.
Un nombreux public fréquente l'établissement. Une convention avec l'Entrepôt de Réserve Générale
de Thouars fixe la fourniture de bains et douches à leurs employés, chaque semaine les mardi, jeudi
et samedi (convention du 19 juin 1928). Les scolaires et les apprentis bénéficient du tarif réduit.
Les employés communaux ont droit à la gratuité. Les pompiers municipaux bénéficient de la gratuité
d'une douche par semaine.
Dès le début de sa mise en service, l'établissement a un fonctionnement déficitaire.
Les augmentations successives des tarifs ne suffisent pas à rétablir l'équilibre budgétaire.
L'occupation allemande désorganise ce fonctionnement. Désormais, l'établissement est presque
exclusivement réservé aux troupes d'occupation. La population civile peut fréquenter les bains
douches seulement le dimanche. En outre, il y a un manque de charbon.
La fréquentation redémarre après la guerre, la réfection de la terrasse est effectuée en 1955.
Un nouveau règlement est adopté en 1958.

" Il est interdit de se raser, fumer, cracher, siffler, chanter, crier ou causer du bruit ou du désordre
dans l'établissement, d'y introduire un animal quelconque, d'y consommer des boissons… ".

Le téléphone est installé en 1963. L'établissement est de moins en moins fréquenté. En 1974, sur
décision du Conseil Municipal les bains douches ne sont plus ouverts le dimanche.

Finalement, la Ville vote la fermeture définitive de l'établissement le 4 octobre 1993.
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