Bordée la rue Jules Guesde et les boulevards Bergeon et Jean Jaurès, cette place porte ce nom depuis une délibération du Conseil Municipal du 28 novembre 1949. Pendant plusieurs siècles, un établissement religieux a occupé cet espace.
D'après une charte de 1206, l'aumônerie ou prieuré Saint-Michel se trouve primitivement près des fossés du château. Aimery VII, Vicomte de Thouars la fait transférer hors de l'enceinte de la ville, au lieu-dit " Les Hameaux ".

Cette aumônerie est destinée, selon la charte, " à recevoir, nourrir, héberger et sustenter les pauvres, les infirmes et les pèlerins mais aussi les enfants trouvés, délaissés et abandonnés de pères et mères ". Un prieur y était nommé par le roi, aidé de six prêtres, tous logés au prieuré.
Celui-ci reçoit des dons importants, des terres (à Champigny, Luzay, Missé, Saint-Léger de Montbrun…) à condition que les prieurs disent des messes pour le repos des donateurs. Ces terres sont louées et rapportent d'importants revenus à l'établissement religieux. Ces rentes " féodales et foncières " sont payées en argent ou en nature : bois de chauffage, grains, animaux, chapons, pipes de vin…
En 1456, l'aumônerie est définitivement installée aux Hameaux. En plus des orphelins, les pauvres et les voyageurs indigents arrivés après la fermeture des portes de la ville doivent y être accueillis. Il y a une dizaine de lits. A Thouars, c'est en fait, le premier établissement de charité, le premier hôpital en somme. Après la création d'un Hôtel Dieu dans l'ancien Hôtel de Barrou (site de l'actuelle école de soins infirmiers) avec l'aide d'Anne Desrays, l'aumônerie perd de son importance et se concentre sur sa fonction d'orphelinat. Au début du XIXe siècle, Saint-Michel est absorbé, avec ses biens, par l'hôpital. Les bâtiments sont peu à peu abandonnés et sont remplacés par des vignes et des habitations.
Place de l'aumônerie Saint Michel
En 1884, la Ville refuse l'implantation d'un dépôt de pétrole et d'huiles minérales sur ce site.
En 1885, la commune des Hameaux disparaît et Thouars s'agrandit.
Dès la fin de ce siècle, on évoque la création d'une nouvelle école dans les quartiers proches de la gare vu l'accroissement de la population. Mme Bergeon offre l'hôtel du Lion d'Or et ses jardins pour la construction d'une école contre une rente viagère de 1500 F. Le projet est entériné en 1903, le prix de la construction est estimé à 63500 F. Les bâtiments ne sont construits qu'en 1907 pour une ouverture en 1908. L'école prend alors le nom de Bergeon. Cinq ans plus tard, cette école n'est pas suffisante, la ville achète, juste à côté, de nouveaux terrains. En 1924, la Ville inaugure l'école primaire Jean Jaurès.
Face aux écoles Bergeon et Jean Jaurès, en 1939, des écuries et deux maisons vétustes sont rasées pour créer un square devenu depuis aire de stationnement.
Le quartier évolue très vite au XXe siècle : avec l'ouverture de la nouvelle bibliothèque municipale en 1976, cette place devient un lieu de passage et bien entendu de stationnement indispensable. En 2007, seul son nom évoque l'histoire de l'ancienne aumônerie Saint-Michel.

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