Le " cœur de ville " de Thouars est un quartier très intéressant. A chaque coin de rue, à proximité des monuments les plus importants, l'architecture civile nous révèle souvent des surprises.
Même si, depuis une centaine d'années, l'ancienne cité médiévale a souvent été remaniée, modernisée, elle conserve régulièrement des traces anciennes. Le Moyen-Age est très présent si on s'y attarde. Intéressons nous de plus près à un type d'habitat, les maisons à pans de bois.
Ces demeures sont aujourd'hui un peu dispersées, mais globalement situées à proximité de l'église Saint-Médard.
Leur datation est assez simple, ces maisons sont pour la plupart des témoins de la fin de la période médiévale, des XVe et XVIe siècles.
Aucune construction civile d'avant le XIVe siècle n'a été conservée.

Le parvis de l'église Saint-Médard et la rue du château rassemblent de très belles constructions.

Maison du Père Jacques
La maison des artistes (classée Monument Historique), l'ancien restaurant du " Clos Saint-Médard " et la maison du " Père Jacques " montrent, à elles seules, la diversité des formes que peuvent avoir ses demeures. A Thouars, ces maisons étaient la propriété d'artisans et de commerçants. Le bois est ici utilisé comme charpente et comme structure même de la maison. Son utilisation dans la construction civile est très fréquente en cette fin du Moyen-Age, il s'agit d'un matériau économique et qui permet aussi d'avoir des murs de faible épaisseur. Le gain de place est une des raisons expliquant la forme des façades de ses maisons. Celles-ci sont en encorbellement (presque toutes) ; les étages avancent sur la rue. Les terrains étaient fortement imposés, les propriétaires ont donc souvent avancé leurs façades sur la rue pour agrandir les étages de leurs maisons.

Les panneaux de bois qui composent les murs de façade sont constitués de plusieurs parties : des corbeaux, poutres du plancher qui avancent sur la rue ; une sablière (poutre placée à l'horizontale) sur laquelle sont fixés les poteaux (à la verticale). Pour renforcer cette structure peu rigide, des croix dites de Saint-André sont placées dans les parties fragilisées. Il suffit ensuite de remplir les espaces laissés entre les poutres, on parle d'un hourdis ou d'un remplissage. Il s'agit parfois de torchis (mélange de paille et de terre sur les lattes de bois) recouvert d'un enduit de façade, de briques plates (le plus fréquent à Thouars) ou d'un essentage constitué d'ardoises clouées sur les poutres en façade (uniquement visible rue Saugé).
Chaque construction est organisée avec une fonction par étage. Le rez-de-chaussée est toujours divisé en deux parties, le commerce et un couloir d'accès aux étages. Le premier étage accueille l'habitation et le second étage sert de grenier.

Maison des Artistes
Aujourd'hui, une vingtaine de maisons de ce type existe encore à Thouars. Nous pouvons bien entendu citer la maison du " Père Jacques " et la mairie de la Cité Libre du Vieux Thouars, toutes deux sauvées par cette association et très bien restaurées. D'autres sont conservées et ont été restaurées rue du château, rue Saugé, place Saint-Médard ou rue Saint-Médard. Qu'elles soient commerces, cafés, restaurants ou de simples habitations, ces maisons constituent un témoignage très important de cette fin du Moyen-Age à Thouars. Comme à Poitiers (rue de la chaîne), à Angers, à Chinon ou à Parthenay (rue de la Vau Saint-Jacques), beaucoup de façades à pans de bois sont à redécouvrir. Au XIXe siècle, un grand nombre d'entre elles ont été recouvertes d'un enduit décoré d'un faux appareillage de pierres ou plus récemment de ciment. Aurons-nous la chance de les revoir un jour, seront-elles restaurées ?

Maison à pans de bois, rue Saugé, vers 1980, cate postale
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