| La
collection de céramiques est un des points forts du musée Henri
Barré. Les faïences représentent à elles seules près
d'un tiers des objets conservés. Intéressons-nous à la faïencerie
la plus proche de Thouars : Rigné. Les premiers écrits mentionnant
les faïences de Rigné attestent leur existence en 1536 dans un inventaire
du mobilier de Barnabé Fouschier, lieutenant à Fontenay-le-Comte.
On retrouve de nouveau leur trace en 1627, sous la mention " onze douzaines
d'assiettes à la fasçon de Thouars " ou encore dans un inventaire
établi à Périgné (dans le Pays Mellois) d'assiettes
en " terre de Rigné ". | |  |
| Il
semblerait que cette fabrique ait interrompu sa production sur plus d'un siècle,
pour renaître en 1771 sur l'initiative de Jean Baptiste François
de la Haye de Laudérie au lieu-dit Yversais. L'atelier composé
de 6 à 10 ouvriers fonctionna ensuite sous la direction de Perchain originaire
de Bergerac pour cesser toute activité quelques années après
la Révolution. A
ce jour, il est toujours délicat d'identifier les faïences de Rigné,
tant leur facture peut être rapprochée des productions de Nevers
ou de Rouen. Ce plat à barbe du XVIIIe siècle aux armes de la
famille de la Haye de Laudérie est certainement la seule faïence dont
on peut affirmer l'origine. En effet, le musée conserve une trentaine de
faïences attribuées à cet atelier, sans certitude du lieu de
fabrication. Les diverses formes (soupières, encriers, chandeliers, assiettes,
coquetiers
) adoptent des décors aux tons jaune clair, vert vif et
bleu qui rappellent de très près les produits des faïenceries
de Nevers et de Rouen. Depuis quelques années, un chantier d'insertion
soutenu par la Communauté de Communes du Thouarsais fait revivre cet atelier
dans une ancienne habitation à côté de la mairie de Rigné.
Leurs productions s'inspirent en partie des pièces du XVIIIe siècle
conservées au musée Henri Barré. |