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Aujourd'hui
église principale de Thouars, Saint-Médard est depuis
très longtemps le monument le plus connu et le plus visité
de notre ville. Cet édifice est systématiquement cité
lorsque l'on évoque l'art roman en Poitou. Son histoire est
très longue mais, encore aujourd'hui, assez floue. Peu d'archives,
trop peu de spécialistes se sont intéressé
à l'histoire de sa construction et de ses remaniements. Voici
un modeste état des lieux des connaissances sur ce très
bel édifice.
Certains historiens évoquent l'existence d'une première
église dès le XIe siècle. Rien ne permet aujourd'hui
de l'attester. Certaines informations nous permettent de situer
sa construction au XIIe siècle. En 1100, un curé nommé
Pereginus est cité puis un certain Thibaud de Saint-Médard.
L'église est encore en dehors de la Ville et de sa première
enceinte. Elle aurait porté le nom de Saint-Médard
des champs. Dès sa construction, elle fait partie des domaines
de l'abbaye de Saint-Jean de Bonneval (à Saint-Jean de Thouars).
De cette première église de la première moitié
du XIIe siècle ne subsistent que certaines parties inférieures
de la façade et des murs latéraux. C'était
une église à trois nefs de type halle : une nef centrale
et deux voûtes latérales, de même hauteur.
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Portail
ouest, dessin, carte postale ancienne
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Celle-ci
brûle entièrement lors du siège de la ville de
Thouars en 1158 par Henry Il Plantagenêt, roi d'Angleterre.
Après trois jours de siège, Henry II s'empare de la
ville, fait raser le Château et les murailles, mais aide à
la reconstruction de Saint-Médard. Celle-ci a lieu entre 1170
et 1180.
Les deux portails nord et ouest et une grande partie du mur sud sont,
en fait, les parties conservées de cette église de la
fin du XIIe siècle.
Le portail nord présente un décor rare et surprenant.
Il est agrémenté d'un arc polylobé d'architecture
mozarabe. Ce porche peut être associé au dernier vestige
de l'ancienne abbatiale romane de Celles-sur-Belle dans le sud des
Deux-Sèvres. |
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Cette
architecture pourrait être issue des volontés d'Agnès
de Poitiers, vicomtesse de Thouars.
Son père était duc et comte du Poitou. En 1116, à
13 ans elle est mariée à Aimery V, vicomte de Thouars.
Peu de temps après Aimery V est assassiné et son cousin
lui succède. Agnès part vivre en Aragon sur des terres
de la vicomté. L'architecture mozarabe de ce porche pourrait
être issue de cette période, Agnès voulant agrémenter
l'édifice de motifs issus de cette architecture méconnue.
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Portail
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L'arc
n'est pas outrepassé et repose sur des colonnettes décorées
de chapiteaux respectant l'esprit roman.
La façade ouest est, quant à elle, dans le pur style
roman.
Le porche central présente un ensemble de sculptures (4 archivoltes)
glorifiant le triomphe du Christ. La plus petite archivolte est ornée
de palmettes et de pommes de pin (symboles d'immortalité).
La seconde de six personnages entourant St Jean l'Évangéliste
et St Mathieu.
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La troisième
est consacrée à la scène des rameaux : attendu
par les chrétiens, Jésus entre dans Jérusalem
suivi des douze apôtres. La quatrième présente
le Christ, soulevé par deux anges, montant au ciel en présence
des douze apôtres et des Saints de l'Ancien Testament, Il
s'agit de la scène de l'Ascension.
Au-dessus,
on peut découvrir un christ en majesté, entouré
des symboles des Évangélistes, triomphant dans le
ciel. Les douze apôtres se trouvent de part et d'autre des
contreforts centraux. Ce portail fait partie d'un vaste ensemble
dans notre région : Notre-Dame la Grande à Poitiers,
l'abbatiale de Saint-Jouin de Marnes, celle d'Airvault ou encore
l'Eglise Saint-Pierre de Parthenay-le-Vieux. Ce ne sont que quelques
exemples.
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Portail
polylobé
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©
Service Ville d'art et d'histoire, Ville de Thouars |
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