Ce petit instrument de musique porte un nom d'oiseau. Ce mot vient de serin, l'oiseau chanteur.
Construites à partir de la première moitié du XIIe siècle, les serinettes étaient utilisées pour apprendre, par répétition, des mélodies aux oiseaux de compagnie de la " haute " société. A force d'entendre ces mélodies, ces oiseaux finissaient par les reproduire.
Très à la mode aux XVIIe et XVIIIe siècles, les serinettes ont parfois été utilisées comme instrument de rue, après modification d'un instrument de salon.
On mentionne également, dans le même esprit, les merlinettes pour les merles, les perroquettes pour les perroquets...

La serinette se présente comme un petit orgue à tuyaux portatif qui, sur le principe de l'orgue de Barbarie, reproduisait le son aigrelet du "flageolet d'oiseau" à son origine.

La serinette, collection du musée, (XIXe siècle)
Ces instruments sont relativement simples. Ils sont composés d'un cylindre de bois comportant des pontets (ou pointes) en métal. Ceux-ci commandent l'ouverture de petits clapets qui admettent de l'air dans des tubes d'orgue (généralement en étain) accordés aux notes de l'instrument. L'air est brassé par deux soufflets en peau eux-mêmes actionnés par une manivelle. Cette manivelle fait aussi tourner le cylindre avec la mélodie au moyen d'une vis sans fin. Le morceau " enregistré " sur le cylindre a une durée de 10 à 20 secondes, dépendant beaucoup de la personne qui joue de l'instrument.

La serinette du musée Henri Barré est du début du XIXe siècle. Une étiquette collée à l'intérieur du couvercle indique son fabricant : un certain Rolin, facteur d'orgue et de serinettes, à Mirecourt, dans le département des Vosges. Au XVIIe siècle, cette ville devient un centre de lutherie. On y fabriquait aussi des instruments mécaniques (orgues de manège, serinettes...).
La serinette du musée est composée de 10 tuyaux, 10 soupapes, un soufflet, un cylindre pointé mise en mouvement par une manivelle extérieure, un engrenage intérieur.
Huit morceaux sont notés à l'intérieur du couvercle : Fanfare à chasse, La Sabotière, La Contredanse, la Soirée orageuse, Air de Renaudart, La Monnaie, Les Batteries, La Valse…

Le processus de fabrication de ce type d'instrument ne changera pratiquement pas jusqu'en 1914. La serinette fut remplacée progressivement par l'orgue de Barbarie, plus facile d'utilisation avec ses cartons perforés aux multiples combinaisons. La durée des morceaux de musique fut multipliée, pouvant aller jusqu'à 5 minutes, voire davantage.

© Service Ville d'art et d'histoire, Ville de Thouars
Si vous souhaitez utiliser ce document
dans un cadre public ou professionnel,
merci de nous contacter pour obtenir
une autorisation.

Service de l'Architecture et des Patrimoines
Hôtel de Ville - BP 183
79103 Thouars
Tél : 05.49.68.16.25
fax : 05.49.68.16.09
service.patrimoine@ville-thouars.fr
> Tous les "Les trésors du musée"