La cité-jardin du Cottage, quartier habité essentiellement par des cheminots, est complétée dans les années 1950 par un bâtiment inattendu : une église. Voici son origine.
Le quartier du Cottage, souvent surnommé le " bastion rouge " est, dès les années 1930, fortement marqué par une population ouvrière d'employés des chemins de fer. Beaucoup d'entre eux sont, de tradition, anticléricale, adhérents à la C.G.T. et au P.C.F.

Vue aérienne vers 1965, coll. privée
La ligne de chemin de fer est une frontière entre la ville ancienne, centre des affaires et du commerce et le nord, plus populaire. Il n'est alors pas évident pour des prêtres de passer la ligne. Certains ont pourtant pris ce risque en créant des liens et en s'intéressant à la vie de ces quartiers. Certains étaient prêtres ouvriers, d'autres aumôniers en monde ouvrier (Jeunesse Ouvrière Chrétienne). En limite du quartier, ils ont commencé par utiliser 2 wagons d'avant-guerre qui portaient les mentions " chevaux 8, hommes 40 ". Ces 2 wagons ont constitué la première salle de réunion bientôt suivie d'un baraquement qui a fait office d'église.
L'idée d'avoir une église dans ce quartier n'apparaissait plus comme une entreprise de noyautage, et même certains cheminots manifestaient leur intérêt à avoir leur église. Une association s'est constituée en 1959 : " Les Amis du Cottage ". Ses membres se donnaient le projet de suivre la réalisation et le financement de l'ouvrage. L'aide afflue alors de partout : le clocher de Notre-Dame du Cottage est réalisé par des ouvriers de la D.O.P (ancienne usine installée à l'Orangerie du Château et fabriquant des trains d'atterrissage).
Eglise vers 1970
Le financement du projet suscite une forte mobilisation. Durant plusieurs années, les chrétiens de Thouars ont organisé des kermesses. De nombreux groupes ou vedettes y participent : les " Chaussettes Noires ", l'orchestre Jacques BARATON, des patineurs sur table, les ballets de Loïe FULLER, John WILLIAM, Henri TISOT.
Notre Dame du Cottage est construite en 1959-1960. La bénédiction a lieu le 1er mai 1960 par l'évêque de Poitiers, Henri VION. L'architecte est M. GIRARD, responsable des Services Techniques de la Ville de Thouars. Son architecture reflète les idées de cette période : on retrouve un sentiment de simplicité et de dépouillement. Il y a plusieurs raisons à cela: les moyens financiers de l'Eglise sont limités, et depuis la guerre de 1939-45, on ne souhaite plus marquer la distance qui séparait l'Eglise et le monde.
Vitrail, côté sud
Dans cette église à l'architecture moderne, mais symbolique, on peut remarquer l'éclairage mettant en valeur l'espace du chœur. L'église n'est pas orientée vers l'orient et Jérusalem, mais au contraire vers l'ouest. Elle se tourne vers son quartier. Cela explique l'importance de la grande verrière de la façade jouant avec la lumière du soleil levant. Ce vitrail en dalle de verre composé de panneaux de verre et de béton (création du maître verrier Van Guy de Tours) évoque les litanies de la Vierge.
Vitrail
Eglise Notre-Dame du Cottage
En entrant dans cette église, le regard est orienté tout de suite vers l'autel : l'alignement des bancs, l'allée, les lignes du toit, tout converge vers ce lieu qui est le centre d'intérêt. Le dégradé des fenêtres de chaque côté conduit aussi dans cette direction. L'espace de la cuve baptismale est souligné par des verrières bleues, symbolisant l'eau et la vie. De chaque côté du Christ en croix, une place d'honneur est réservée à Marie, la mère du Christ, et à Joseph, son mari, avec ses outils de charpentier.
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